Route de la soie pour nos bois régionaux

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Par Nord Actu – Publié le :13 octobre 2015 à 19 h 13 min

Dans une société où les abus du capitalisme laissent tout le monde indifférent, la filière bois ne pouvait pas faire exception. Ainsi depuis plusieurs années, des containers remplis de grumes transitent par le port d’Anvers. Mais comment freiner l’appétit des grandes multinationales étrangères ?

Il faut en moyenne de 30 à 75 ans pour qu’un arbre arrive à une maturité propice pour être exploitable. Comme beaucoup d’autres matières premières, le bois suit un schéma d’exploitation « classique ». Qu’il s’agisse de domaines privés ou publics gérés par l’ONF (l’Office National des Forêts), on fait appel à des négociants pour la revente des grumes. Interviennent alors les gros poissons dont le plus gourmand d’entre eux, le chinois.

La Chine, comme l’Amérique, joue depuis longtemps la carte du protectionnisme en refusant aux autres de faire de même. On remarque donc que les taxes d’importation de bois brut sont dérisoires et plus on avance dans la manufacture, plus les taxes gonflent pour devenir exorbitantes sur les produits finis. Les meubles ou parquets reprennent ensuite le chemin de l’occident pour inonder nos magasins de bricolage, etc à des prix défiant toutes concurrences. La boucle est bouclée comme on dit …

Notre région est loin de posséder le plus grand massif forestier de l’hexagone mais sa filière bois fait partie des mieux gérées offrant des emplois à nombres d’artisans. Cependant elle est au bord de l’asphyxie laissant sur la paille beaucoup de scieries et autres travailleurs de la filière. La demande dépasse l’offre et les grosses entreprises mondialistes sont toujours les premières servies. Il n’est donc pas rare de trouver sur les devis des scieries « Sous réserve de… » ou « Délai de livraison selon approvisionnement ». « C’est toujours les p’tits qui paient pour les gros » …

La demande concerne toutes les  essences de bois et toutes les forêts, de la plus conséquente, celle de Mormal, avec ces 9136 Hectares à celle de Boulogne sur mer (2024ha) en passant par les plus modestes forêts domaniales ou privées de notre région. La Chine est un glouton insatiable et ce sont des camions remplis de grumes que les habitants hébétés voient passer avec le logo « China ». Un gérant de scierie me confiait même que la Chine loue des entrepôts sur le port d’Anvers dans l’attente d’un transport, la logistique ne suivant pas.

Comment quitter ce libéralisme mortifère ? Il semblerait que les scandinaves veulent montrer la voie aux européens. Le pin scandinave fait partie des conifères les plus appréciés et le pays croulait sous les demandes au point d’aller à l’encontre de ses propres intérêts. En augmentant les taxes douanières sur les grumes, ils ont ainsi pu inverser la vapeur et sa filière ne s’en porte pas plus mal.

A présent suffisamment implantée, la Chine devient capricieuse et souhaite imposer des conditions qui dérangent, comme la livraison des grumes sans écorce etc. Pas de quoi renverser la vapeur mais l’énervement devant ce qui ressemble à du culot pourrait compromettre quelques futurs contrats et ainsi, on peut l’espérer, donner un peu d’air frais à ces artisans pourtant habitués au grand air.

Quand trouverons nous la force de prendre les problèmes à bras le corps et dire « non » là où nos intérêts sont menacés. Une douane n’est pas un mur mais bien une barrière qui s’ouvre et se referme aux grès des avantages.

Benoît E.

Crédit photo: wikipédia

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