Idéologie : analyse d’un système qui vacille [Tribune libre]

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09/03/2016 – 19h30 Lille (Nordactu.fr)

Dans la politique comme dans la géopolitique, en France, en Europe et dans le monde, le système semble vaciller, l’idéologie n’a plus son prestige d’antan, elle ne paraît plus inéluctable, invincible, et laisse même entrevoir des brèches qui ne sont pas prêtes de se refermer.

Cela se caractérise en France par un système politique à bout de souffle, au bord du précipice :

  • le parti socialiste explose et ne sait plus où se mettre, après avoir abandonné tous ses fondamentaux ;
  • les républicains n’ont aucune ligne directrice, ne se trouvant unis qu’au travers d’un soutien au gouvernement (loi El Khomri) mais dont les différentes tendances paraissent difficilement conciliables ;
  • l’extrême gauche disparaît lentement mais sûrement du paysage politique et culturel ;
  • Une lame de fond anti UE et anti immigration, s’incarnant dans le FN, traverse la société française, qui met ce dernier en tête de toutes les dernières élections.

Médiatiquement, nous voyons une baisse significative des ventes des médias du système, les plus emblématiques que sont Libération ou L’Humanité étant comptablement en faillite car ne vendant plus de numéros. Au contraire, les titres clairement marqués à droite, tels Valeurs actuelles, voient leurs ventes exploser. De même, les médias internet alternatifs explosent.

Côté population française, tous les indicateurs montrent des Français rejeter massivement l’idéologie : les sondages réalisés régulièrement montrent un peuple critique vis à vis du gouvernement, de l’immigration, de l’Union européenne, de l’idéologie, de la réforme de l’école, etc. Les grands mouvements de masse, autrefois dominés par les syndicats, sont aujourd’hui représentés par la Manif pour tous, les adeptes des artistes dissidents ou les bonnets rouges. A l’inverse, les mouvements de masse d’hier sont en net déclin (SOS racisme, etc…).

Intellectuellement, les écrivains, journalistes et penseurs en vogue s’appellent Zemmour, Onfray, Obertone, Houellebecq, Villiers : ils doivent leur succès au rejet franc d’un système. En face, personne ne fait clairement le poids en termes de visibilité médiatique ou de justesse dans l’analyse. Les quelques tentatives de déstabilisation du système ont été des échecs cuisants : bide des pétitionnaires pour Calais (dans Libération) ou attaque de 2 hurluberlus contre Marcel Gauchet lors des conférences historiques de Troyes, en raison de sa défense du mariage. Les associations antiracistes, communautaires, sont elles de plus en plus vues comme liberticides.

A l’extérieur de nos frontières, il en est de même : l’impérialisme américain recule nettement et ne jouit plus de son assurance d’hier : en Syrie comme en Ukraine il doit négocier avec la puissance russe.

En Hongrie, le président Orban, raillé hier par tout le gratin médiatique, est toujours en place et chacun reconnaît qu’il a eu raison de cadenasser sa frontière. A l’inverse, l’Allemagne a joué à l’apprenti sorcière et en paye le prix. La Hongrie est aujourd’hui suivie par l’Autriche, la Macédoine, la Bulgarie, la République tchèque, et même la France qui ne fait plus l’apogée de l’immigrationnisme.

En Pologne, en Slovaquie, les idées anti-déracinement ont le vent en poupe. Il en est de même en Allemagne avec des mouvements et partis politiques faisant de plus en plus parler d’eux (AFD, Pegida). La Suède, autrefois si prompte à accueillir les immigrés, ferme dorénavant ses frontières, comme toute la Scandinavie, et le système Schengen est à bout de souffle, incapable de régler la moindre difficulté. Aux Etats Unis, la candidature anti-système de Donald Trump, critique sur la politique internationale américaine des 30 dernières années, est elle aussi plébiscitée par les électeurs.

Partout dans le monde occidental les masques tombent, les idéologies s’effondrent : ce mouvement ira-t-il jusqu’au bout ou sera-t-il stoppé brusquement par quelques volontés souhaitant à n’importe quel prix conserver leur part du gâteau ?

HB

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