Ukraine: 3 scénarios pour 1 conflit

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11/04/2016 – 18h00 Lille (Nordactu.fr)

Un peu plus d’un an après la signature des accords de Minsk 2 pour le processus de paix et la transition politique en Ukraine, les armements lourds qui avaient été retirés de la ligne de démarcation sont revenus, les affrontements actifs ont continué avec une intensification ces derniers.

La situation pourrait donc évoluer selon trois scénarios: la mise en œuvre des accords cette année, l’aggravation ou le gel du conflit.

Le processus de paix retardé

Initialement, les engagements pris dans Minsk 2 en février 2015 devaient être remplis dans l’année, mais étant donné que les parties n’y sont pas parvenues le document a été prolongé jusqu’en 2016.

Le président Ukrainien a indiqué que les accords seraient remplis « au premier semestre » et associe leur mise en œuvre avec l’adoption, en deuxième lecture, de la réforme constitutionnelle pour la décentralisation par le parlement ukrainien. Elle implique des particularités d’autogestion locale dans certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk qui ne sont pas actuellement contrôlées par Kiev. Cependant, le nombre suffisant de voix pour adopter ces amendements n’a pas été réuni.

Les républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk (DNR et LNR), quant à elles, exigent d’abord l’adoption d’amendements à la Constitution ukrainienne qui octroieraient à la région un statut particulier, et la proclamation d’une amnistie pour les participants aux événements dans le Donbass. Les autorités des DNR et LNR estiment également que le contrôle de la frontière pourrait être remis à Kiev seulement après les élections.

Scénario 1: la mise en œuvre de Minsk 2

Bien que les experts reconnaissent les accords de Minsk comme l’unique moyen de régler le conflit, ils estiment que les chances de les mettre en œuvre cette année sont minces.

« Ils subiront probablement des changements mais devraient être complètement appliqués en 2017-2018. Les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui », a-t-il précisé.

Scénario 2: la poursuite des opérations

Rouslan Bortnik n’exclut pas une escalade du conflit mais, d’après l’expert, elle ne serait bénéfique pour aucune des parties.

« Une escalade du conflit est probable mais sa probabilité est très faible: personne n’en tirerait bénéfice. Il existe des problèmes plus graves vers lesquels il faut orienter les ressources politiques et économiques. C’est pourquoi une brève escalade est possible en tant qu’élément de stimulation d’un règlement politique », analyse-t-il.

Selon Nikolaï Soungourovski, directeur des programmes militaires du centre ukrainien Razoumkov, une escalade du conflit pourrait survenir avant cet automne.

« Ce scénario me paraît plausible et dangereux. Je pense que cette année malheureusement, on aura de nouveau recours à la force ». Actuellement la situation s’est détériorée de manière importante avec une aggravation des bombardements de zones civiles par les forces ukrainiennes.

Nikolaï Soungourovski associe la détérioration de la situation aux préparatifs des élections sur les territoires du Donbass non contrôlés par Kiev.

Scénario 3: le gel du conflit

Selon les experts, on devrait surtout s’attendre cette année à un gel du conflit et à la poursuite des négociations.

D’après Rouslan Bortnik, les conditions « ne sont pas encore réunies pour la mise en œuvre des accords de Minsk » et les belligérants « chercheront un compromis ».

« Je pense que cette année, nous devrions assister à un gel du conflit. Mais ce ne sera pas un statu quo total: on assistera à la poursuite des négociations sans résultat concret. Autrement dit, la situation actuelle est un parfait exemple de gel de conflit », suppose-t-il.

Conclusion

Pour geler le conflit, il faudrait que l’Occident diminue son aide à Kiev. Car l’Ukraine n’arrivera pas à régler le conflit par ses propres moyens. Le fait que nous (Ukraine) accroissions nos capacités de défense montre que les parties n’arrivent à aucun résultat par la force militaire. En ajoutant à cela l’inactivité de l’Occident, les négociations n’auraient plus d’objet et le conflit serait gelé », pense l’expert militaire.

Jérôme Van Den Broeck

Crédit photos : DR

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